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Les Andelys

Devise

Fecit Utraque Unum (Les deux ne font qu’un), pour le petit et le grand Andelys.

Géographie

La commune des Andelys est située dans le département de l’Eure (27), dans la région Haute-Normandie. Les Andelys se trouve encaissé dans une vallée au cœur des boucles de la Seine. Située à 100 kilomètres de Paris et 40 de Rouen, la ville est très touristique grâce notamment à la Collégiale des Andelys ou encore au Château Gaillard, classé monument historique. Le nom de la ville, les Andelys, vient du regroupement des deux bourgades le Petit Andely et le Grand Andely.

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Panorama depuis le belvédère de Château-Gaillard

Histoire

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Église Saint-Sauveur du Petit-Andely Photographie de Félix Martin-Sabon

Attestations anciennes : Andilegum début VIIIe siècle (Bède) ; Andelagum vers 830 (Gesta de Fontenelle) ; Andeliacum vers 1045. Nom vraisemblablement apparenté aux Andilly de Haute-Savoie, Val d’Oise et Haute-Marne, à Andelat (Cantal) et Andillac (Tarn).

Archétype celtique en -ako > -acum, formé avec l’appellatif Andal/Andel que l’on reconnait également dans le nom de l’Andelle et qui désigne des « eaux agitées ». Cf. vieil occitan andalhon, mouvement de l’eau, va-et-vient de l’eau, et breton anda source.

Le pluriel, les Andelys (on ne prononce pas le < s > final) s’explique par la présence de deux agglomérations : le Grand Andely, village d’origine et le Petit Andely, seulement attesté au 13ème siècle comme le Nouvel Andely ou la Couture d’Andely ("couture" signifiant "cultures"). [1]

La ville appartenait jadis aux archevêques de Rouen, mais elle fut cédée en 1197 au duc de Normandie Richard Coeur de Lion, remplacé à sa mort en 1199 par son frère Jean Sans Terre, à qui Philippe-Auguste l’enleva en 1204. Henri IV la reprit aux Ligueurs en 1591.

Le Château-Gaillard

Historique et architecture

Le monument qui a fait la célébrité de la petite ville Normande est sans doute le Château Gaillard dont les ruines surplombent la vallée de la Seine. Le château est visible à des kilomètres à la ronde.

A la fin du XIIe siècle, la Normandie fait partie de l’empire Plantagenêt et les rois de France lorgnent depuis toujours sur ces terres riches qui leur permettraient le contrôle de la Seine et un accès à la mer. Aussi, les Ducs de Normandie ont depuis longtemps cherché à protéger cette position stratégique et leur frontière, en construisant une série de châteaux forts (Louviers, Malassis, Vernon, Gasny, Pacy-sur-Eure, Baudemont, Ecos, Château-sur-Epte, etc..) et ainsi, défendre l’accès à la capitale normande, Rouen.

En arrière de Vernon et des premiers points fortifiés sur l’Epte, tombés en partie aux mains du roi de France, Richard Cœur de Lion lance la construction de château Gaillard en 1196 sur une falaise de craie surplombant la vallée de la Seine. Cette position est considérée comme inexpugnable. Pour empêcher toute descente du fleuve par la flotte française, il fait planter trois rangées de pieux dans le lit de la Seine en contrebas. La construction de Château Gaillard aurait duré un an et, selon la légende, Richard Cœur de Lion aurait déclaré en 1198 : "Qu’elle est belle, ma fille d’un an ! Que voilà un château gaillard !".

Le Château à proprement parler est précédé d’une barbacane triangulaire cernée d’imposants fossés - 20m en largeur, plus de 10m en profondeur - creusés dans la craie. Cet ouvrage protège l’entrée unique. Château Gaillard est tout en longueur car il colle à la falaise. Une forme allongée oblige à étirer la défense ; c’est un inconvénient mais il est compensé par la sécurité qu’offre l’escarpement. Sur plusieurs dizaines de mètres, un mur rideau descend jusqu’à la ville fortifiée du Petit Andely. L’enceinte ("la chemise") du donjon est l’élément le plus original du château, elle est faite de murs incurvés permettant le rebond des projectiles (pierres projetées par les catapultes ). Au sommet du donjon, qui est arrondi (ce qui constitue une évolution par rapport aux anciens donjons carrés. ), des mâchicoulis ont été aménagés pour défendre le pied des murailles. Sur ce point, Château-Gaillard est en avance sur son temps - la technique du mâchicoulis ne se répandra qu’au XIVe siècle, car auparavant on utilisait pour jeter sur l’ennemi, poix[2]et projectiles de toutes sortes, des petits ouvrages en surplomb appelés hourds. La tour dans laquelle on entre par le premier étage forme un bec orienté vers le plateau, afin de dévier les projectiles des machines de guerre.

Siège et prise

Dès 1203, au début du siège, le gouverneur de la place fera évacuer les habitants venus se réfugier au château dans les fossés et ainsi les villageois se retrouveront une grande partie de l’hiver entre les murailles du château et les armées françaises (un tableau de grande dimension, œuvre du peintre Francis Tattegrain, retraçant cet épisode du siège se trouve dans la salle d’instance de la mairie des Andelys). Dès 1203, Philippe Auguste mènera une campagne en règle contre le site de Château Gaillard.

En février 1204, c’est l’assaut à partir du plateau. Pour prendre la barbacane, les mineurs descendront dans le fossé et creuseront une galerie sous la tour maîtresse. Cette mine sera étayée par des troncs que l’on incendiera. Ses fondations sapées, la tour s’écroulera et les défenseurs se replieront par un pont mobile derrière l’enceinte de la basse cour.

Quand le roi de France attaque, Richard, décédé en 1199, a fait place à Jean sans terre. Ce dernier a fait construire une chapelle dont les fenêtres donnent sur la muraille sud. Une poignée de soldats français s’introduit par là et à la faveur d’un incendie, actionnent le pont mobile de l’intérieur. Les défenseurs devront refluer vers l’ultime abri : le Donjon.

Ironie de l’histoire : les fiers mâchicoulis ne serviront pas. Philippe Auguste attaquera par l’entrée, à laquelle on accède via un pont taillé dans la craie. Les Français tenteront de miner l’enceinte sans succès. Puis, grâce au pont, ils avanceront un engin de jet pour fendre la muraille. A l’intérieur, des 180 défenseurs normands au départ, il n’en reste plus que 120. Pas de baroud d’honneur pour eux : le 6 Mars 1204, ils se rendront avec leur gouverneur.

La conception du château n’aura permis qu’une défense passive : lorsqu’un point était pris, seule la retraite était possible. L’absence d’une seconde entrée a interdit toute contre-attaque. Face à un ennemi puissant, Château Gaillard devait tomber.

La chute de Château Gaillard a ouvert la route de Rouen aux troupes françaises, la capitale normande est tombée quelques mois plus tard, le duché revenant donc à la couronne française.

Dans les années qui suivirent, Château Gaillard fut restauré, servi de prison, puis finalement pris par les Anglais après huit mois de siège au cours de la guerre de Cent ans, lors de l’invasion de la Normandie au XVe siècle. Devant les progrès de l’artillerie, il fut ensuite laissé à l’abandon, devenant le refuge de brigands et de factions diverses. Son démantèlement fut ordonné par Henri IV, la plupart des pierres servirent à la construction du château de Gaillon[3].

Héraldique

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Blason Les Andelys

Blasonnement des armes traditionnelles de la ville des Andelys :
« Parti, au premier d’argent, à deux grappes de raisin de sable, dont une en pointe défaillante à senestre ; au deuxième d’azur, à deux tours d’argent, dont une en pointe défaillante à dextre ; au chef de gueules, chargé de trois fleurs de lis d’or, » avec la devise : « FECIT UTRAQUE UNAM. » tel que rapporté par Malte-Brun, dans la France illustrée (1882).
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Blason du Petit Andelys

Malte-Brun signalait en outre qu’on rencontre parfois ce blasonnement sous une forme simplifiée (il s’agit du blason du Grand Andely) :
« D’argent, à trois grappes de raisin de sinople, deux en chef et une en pointe. »
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Blason du Grand Andelys

Blasonnement du Petit-Andely :
« D’azur, à trois tours d’argent, au chef cousu de gueules chargé de trois fleurs de lys d’or. »

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